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Pour en finir avec le jugement de Dieu

Antonin Artaud

kré
kré
pek
kre
e
pte

Il faut que tout
soit rangé
à un poil près
dans un ordre
fulminant

puc te
puk te
li le
pek ti le
kruk

J’ai appris hier
(il faut croire que je retarde, ou peut-être n’est-ce qu’un faux bruit, l’un de ces sales ragots comme il s’en colporte entre évier et latrines à l’heure de la mise aux baquets des repas une fois de plus ingurgités),
j’ai appris hier
l’une des pratiques officielles les plus sensationnelles des écoles publiques américaines
et qui font sans doute que ce pays se croit à la tête du progrès.
Il paraît que, parmi les examens ou épreuves que l’on fait subir à un enfant qui entre pour la première fois dans une école publique, aurait lieu l’épreuve dite de la liqueur séminale ou du sperme,
et qui consisterait à demander à cet enfant nouvel entrant un peu de son sperme afin de l’insérer dans un bocal
et de le tenir ainsi prêt à toutes les tentatives de fécondation artificielle qui pourraient ensuite avoir lieu.
Car de plus en plus les Américains trouvent qu’ils manquent de bras et d’enfants,
c’est-à-dire non pas d’ouvriers
mais de soldats,
et ils veulent à toute force et par tous les moyens possibles faire et fabriquer des soldats
en vue de toutes les guerres planétaires qui pourraient ultérieurement avoir lieu,
et qui seraient destinées à démontrer par les vertus écrasantes de la force
la surexcellence des produits américains,
et des fruits de la sueur américaine sur tous les champs de l’activité et du dynamisme possible de la force.
Parce qu’il faut produire,
il faut par tous les moyens de l’activité possibles remplacer la nature partout où elle peut être remplacée,
il faut trouver à l’inertie humaine un champ majeur,
il faut que l’ouvrier ait de quoi s’employer,
il faut que des champs d’activités nouvelles soient créés,
où ce sera le règne enfin de tous les faux produits fabriqués,
de tous les ignobles ersatz synthétiques
où la belle nature vraie n’a que faire,
et doit céder une fois pour toutes et honteusement la place à tous les triomphaux produits de remplacement
où le sperme de toutes les usines de fécondation artificielle
fera merveille
pour produire des armées et des cuirassés.
Plus de fruits, plus d’arbres, plus de légumes, plus de plantes pharmaceutiques ou non et par conséquent plus d’aliments,
mais des produits de synthèse à satiété,
dans des vapeurs,
dans des humeurs spéciales de l’atmosphère, sur des axes particuliers des atmosphères tirées
de force et par synthèse aux résistances d’une nature qui de la guerre n’a jamais connu que la peur.
Et vive la guerre, n’est-ce pas?
Car n’est-ce pas, ce faisant, la guerre que les Américains ont préparée et qu’ils préparent ainsi pied à pied.
Pour défendre cet usinage insensé contre toutes les concurrences qui ne sauraient manquer de toutes parts de s’élever,
il faut des soldats, des armées, des avions, des cuirassés,
de là ce sperme
auquel il paraîtrait que les gouvernements de l’Amérique auraient eu le culot de penser.
Car nous avons plus d’un ennemi
et qui nous guette, mon fils,
nous, les capitalistes-nés,
et parmi ces ennemis
la Russie de Staline
qui ne manque pas non plus de bras armés.
Tout cela est très bien,
mais je ne savais pas les Américains un peuple si guerrier.
Pour se battre il faut recevoir des coups
et j’ai vu peut-être beaucoup d’Américains à la guerre
mais il avaient toujours devant eux d’incommensurables armées de tanks, d’avions, de cuirassés qui leur servaient de bouclier.
J’ai vu beaucoup se battre des machines
mais je n’ai vu qu’à l’infini
derrière
les hommes qui les conduisaient.
En face du peuple qui fait manger à ses chevaux, à ses boeufs et à ses ânes les dernières tonnes de morphine vraie qui peuvent lui rester pour la remplacer par des ersatz de fumée,
j’aime mieux le peuple qui mange à même la terre le délire d’où il est né,
je parle des Tarahumaras
mangeant le Peyotl à même le sol
pendant qu’il naît,
et qui tue le soleil pour installer le royaume de la nuit noire,
et qui crève la croix afin que les espaces de l’espace ne puissent plus jamais se rencontrer ni se croiser.

C’est ainsi que vous allez entendre la danse du TUTUGURI.

TUTUGURI
LE RITE DU SOLEIL NOIR

Et en bas, comme au bas de la pente amère,
cruellement désespérée du coeur
s’ouvre le cercle des six croix,
très en bas,
comme encastré dans la terre mère,
désencastré de l’étreinte immonde de la mère qui bave.

La terre de charbon noir
est le seul emplacement humide
dans cette fente du rocher.

Le Rite est que le nouveau soleil passe par sept points avant d’éclater à l’orifice de la terre.

Et il y a six hommes,
un pour chaque soleil,
et un septième homme
qui est le soleil tout
cru
habillé de noir et de chair rouge.

Or, ce septième homme
est un cheval,
un cheval avec un homme qui le mène.

Mais c’est le cheval
qui est le soleil
et non l’homme.
Sur le déchirement d’un tambour et d’une trompette longue,
étrange,
les six hommes
qui étaient couchés,
roulés à ras de terre,
jaillissent successivement comme des tournesols,
non pas soleils
mais sols tournants, des lotus d’eau,
et à chaque jaillissement
correspond le gong de plus en plus sombre
et rentré
du tambour
jusqu’à ce que tout à coup on voie arriver au grand galop, avec une vitesse de vertige,
le dernier soleil,
le premier homme,
le cheval noir avec un homme nu,
absolument nu
et vierge
sur lui.

Ayant bondi, ils avancent suivant des méandres circulaires
et le cheval de viande saignante s’affole
et caracole sans arrêt
au faîte de son rocher
jusqu’à ce que les six hommes
aient achevé de cerner
complètement
les six croix.

Or, le ton majeur du Rite est justement
L’ABOLITION DE LA CROIX.

Ayant achevé de tourner
ils déplantent
les croix de terre
et l’homme nu
sur le cheval
arbore
un immense fer à cheval
qu’il a trempé dans une coupure de son sang.

LA RECHERCHE DE LA FECALITE

Là ou ça sent la merde
ça sent l’être.
L’homme aurait très bien pu ne pas chier,
ne pas ouvrir la poche anale,
mais il a choisi de chier
comme il aurait choisi de vivre
au lieu de consentir à vivre mort.

C’est que pour ne pas faire caca,
il lui aurait fallu consentir à ne pas être,
mais il n’a pas pu se résoudre à perdre
l’être,
c’est-à-dire à mourir vivant.

Il y a dans l’être
quelque chose de particulièrement tentant pour l’homme
et ce quelque chose est justement LE CACA.
(ici rugissements.)

Pour exister il suffit de se laisser à être,
mais pour vivre,
il faut être quelqu’un,
pour être quelqu’un,
il faut avoir un OS,
ne pas avoir peur de montrer l’os,
et de perdre la viande en passant.

L’homme a toujours mieux aimé la viande
que la terre des os.
C’est qu’il n’y avait que de la terre et du bois d’os,
et il lui a fallu gagner sa viande,
il n’y avait que du fer et du feu
et pas de merde,
et l’homme a eu peur de perdre la merde
ou plutôt il a désiré la merde
et , pour cela, sacrifié le sang.

Pour avoir de la merde,
c’est-à-dire de la viande,
là où il n’y avait que du sang
et de la ferraille d’ossements
et où il n’y avait pas à gagner d’être
mais où il n’y avait qu’à perdre la vie.

o reche modo
to edire
di za
tau dari
do padera coco

Là, l’homme s’est retiré et il a fui.

Alors les bêtes l’ont mangé.

Ce ne fut pas un viol,
il s’est prêté à l’obscène repas.

Il y a trouvé du goût,
il a appris lui-même
à faire la bête
et à manger le rat
délicatement.

Et d’où vient cet abjection de saleté?

De ce que le monde n’est pas encore constitué,
ou de ce que l’homme n’a qu’une petite idée du monde
et qu’il veut éternellement la garder?

Cela vient de ce que l’homme,
un beau jour,
a arrêté
l’idée du monde.

Deux routes s’offraient à lui:
celle de l’infini dehors,
celle de l’infime dedans.

Et il a choisi l’infime dedans.
Là où il n’y a qu’à presser
le rat,
la langue,
l’anus
ou le gland.

Et dieu, dieu lui-même a pressé le mouvement.

Dieu est-il un être?
S’il en est un c’est de la merde.
S’il n’en est pas un

il n’est pas.
Or il n’est pas,
mais comme le vide qui avance avec toutes ses formes
dont la représentation la plus parfaite
est la marche d’un groupe incalculable de morpions.

« Vous êtes fou, monsieur Artaud, et la messe? »

Je renie le baptême et la messe.
Il n’y a pas d’acte humain
qui, sur le plan érotique interne,
soit plus pernicieux que la descente
du soi-disant Jésus-christ
sur les autels.

On ne me croira pas
et je vois d’ici les haussements d’épaules du public
mais le nommé christ n’est autre que celui
qui en face du morpion dieu
a consenti à vivre sans corps,
alors qu’une armée d’hommes
descendue d’une croix,
où dieu croyait l’avoir depuis longtemps clouée,
s’est révoltée,
et, bardée de fer,
de sang,
de feu, et d’ossements,
avance, invectivant l’Invisible
afin d’y finir le JUGEMENT DE DIEU.

LA QUESTION SE POSE DE…

Ce qui est grave
est que nous savons
qu’après l’ordre
de ce monde
il y en a un autre.

Quel est-il?

Nous ne le savons pas.

Le nombre et l’ordre des suppositions possibles
dans ce domaine
est justement
l’infini!

Et qu’est-ce que l’infini?

Au juste nous ne le savons pas!

C’est un mot
dont nous nous servons
pour indiquer
l’ouverture
de notre conscience
vers la possibilité
démesurée,
inlassable et démesurée.

Et qu’est-ce au juste que la conscience?

Au juste nous ne le savons pas.

C’est le néant.

Un néant
dont nous nous servons
pour indiquer
quand nous ne savons pas quelque chose
de quel côté
nous ne le savons
et nous disons
alors
conscience,
du côté de la conscience,
mais il y a cent mille autres côtés.

Et alors?

Il semble que la conscience
soit en nous
liée
au désir sexuel
et à la faim;

mais elle pourrait
très bien
ne pas leur être
liée.

On dit,
on peut dire,
il y en a qui disent
que la conscience
est un appétit,
l’appétit de vivre;

et immédiatement
à côté de l’appétit de vivre,
c’est l’appétit de la nourriture
qui vient immédiatement à l’esprit;

comme s’il n’y avait pas des gens qui mangent
sans aucune espèce d’appétit;
et qui ont faim.

Car cela aussi
existe
d’avoir faim
sans appétit;

et alors?

Alors
l’espace de la possibilité
me fut un jour donné
comme un grand pet
que je ferai;
mais ni l’espace,
ni la possibilité,
je ne savais au juste ce que c’était,

et je n’éprouvais pas le besoin d’y penser,

c’étaient des mots
inventés pour définir des choses
qui existaient
ou n’existaient pas
en face de
l’urgence pressante
d’un besoin:
celui de supprimer l’idée,
l’idée et son mythe,
et de faire régner à la place
la manifestation tonnante
de cette explosive nécessité:
dilater le corps de ma nuit interne,

du néant interne
de mon moi

qui est nuit,
néant,
irréflexion,

mais qui est une explosive affirmation
qu’il y a
quelque chose
à quoi faire place:
mon corps.

Et vraiment
le réduire à ce gaz puant,
mon corps?
Dire que j’ai un corps
parce que j’ai un gaz puant
qui se forme
au dedans de moi?

Je ne sais pas
Mais
je sais que

l’espace,
le temps,
la dimension,
le devenir,
le futur,
l’avenir,
l’être,
le non-être,
le moi,
le pas moi,

ne sont rien pour moi;

mais il y a une chose
qui est quelque chose,
une seule chose
qui soit quelque chose,
et que je sens
à ce que ça veut
SORTIR:
la présence
de ma douleur
de corps,

la présence
menaçante,
jamais lassante
de mon
corps;

si fort qu’on me presse de questions
et que je nie toutes les questions,
il y a un point
où je me vois contraint
de dire non,

NON

alors
à la négation;

et ce point
c’est quand on me presse,

quand on me pressure
et qu’on me trait
jusqu’au départ
en moi
de la nourriture,
de ma nourriture
et de son lait,
et qu’est-ce qui reste?

Que je suis suffoqué;
et je ne sais pas si c’est une action
mais en me pressant ainsi de questions
jusqu’à l’absence
et au néant
de la question
on m’a pressé
jusqu’à la suffocation
en moi
de l’idée de corps
et d’être un corps,

et c’est alors que j’ai senti l’obscène

et que j’ai pété
de déraison
et d’excès
et de la révolte
de ma suffocation.

C’est qu’on me pressait
jusqu’à mon corps
et jusqu’au corps

et c’est alors
que j’ai tout fait éclater
parce qu’à mon corps
on ne touche jamais.

CONCLUSION– Et à quoi vous a servi, monsieur Artaud, cette Radio-diffusion?

– En principe à dénoncer un certain nombre de saletés sociales officiellement consacrées et reconnues:

1° cette émission du sperme infantile donné bénévolement par des enfants en vue d’une fécondation artificielle de foetus encore à naître et qui verront le jour dans un siècle ou plus.

2° A dénoncer, chez ce même peuple américain qui occupe toute la surface de l’ancien continent indien, une résurrection de l’impérialisme guerrier de l’antique Amérique qui fit que le peuple indien d’avant Colomb fut abjecté par toute la précédente humanité.

3° – Vous énoncez là, monsieur Artaud, des choses bien bizarres.

4° – Oui, je dis une chose bizarre, c’est que les Indiens d’avant Colomb étaient, contrairement à tout ce qu’on a pu croire, un peuple étrangement civilisé et qu’ils avaient justement connu une forme de civilisation basée sur le principe exclusif de la cruauté.

5° – Et savez-vous ce que c’est au juste que la cruauté?

6° – Comme ça, non, je ne le sais pas.

7° – La cruauté, c’est d’extirper par le sang et jusqu’au sang dieu, le hasard bestial de l’animalité inconsciente humaine, partout où on peut le rencontrer.

8° – L’homme, quand on ne le tient pas, est un animal érotique,
il a en lui un tremblement inspiré,
une espèce de pulsation
productrice de bêtes sans nombre qui sont la forme que les anciens peuples terrestres attribuaient universellement à dieu.
Cela faisait ce qu’on appelle un esprit.
Or, cet esprit venu des Indiens d’Amérique ressort un peu partout aujourd’hui sous des allures scientifiques qui ne font qu’en accuser l’emprise infectieuse morbide, l’état accusé de vice, mais d’un vice qui pullule de maladies,
parce que, riez tant que vous voudrez,
mais ce qu’on a appelé les microbes
c’est dieu,
et savez-vous avec quoi les Américains et les Russes font leurs atomes?
Ils les font avec les microbes de Dieu.

– Vous délirez, monsieur Artaud.
Vous êtes fou.

– Je ne délire pas.
Je ne suis pas fou.
Je vous dis qu’on a réinventé les microbes afin d’imposer une nouvelle idée de dieu.

On a trouvé un nouveau moyen de faire ressortir dieu et de le prendre sur le fait de sa nocivité microbienne.
C’est de le clouer au coeur,
là où les hommes l’aiment le mieux,
sous la forme de la sexualité maladive,
dans cette sinistre apparence de cruauté morbide qu’il revêt aux heures où il lui plaît de tétaniser et d’affoler comme présentement l’humanité.

Il utilise l’esprit de pureté d’une conscience demeurée candide comme la mienne pour l’asphyxier de toutes les fausses apparences qu’il répand universellement dans les espaces et c’est ainsi qu’Artaud le Mômo peut prendre figure d’halluciné.

– Que voulez-vous dire, monsieur Artaud?

– Je veux dire que j’ai trouvé le moyen d’en finir une fois pour toutes avec ce singe et que si personne ne croit plus en dieu tout le monde croit de plus en plus dans l’homme.

Or c’est l’homme qu’il faut maintenant se décider à émasculer.

– Comment cela?
Comment cela?
De quelque côté qu’on vous prenne vous êtes fou, mais fou à lier.

– En le faisant passer une fois de plus mais la dernière sur la table d’autopsie pour lui refaire son anatomie.
Je dis, pour lui refaire son anatomie.
L’homme est malade parce qu’il est mal construit.
Il faut se décider à le mettre à nu pour lui gratter cet animalcule qui le démange mortellement,

dieu,
et avec dieu
ses organes.

Car liez-moi si vous voulez,
mais il n’y a rien de plus inutile qu’un organe.

Lorsque vous lui aurez fait un corps sans organes, alors vous l’aurez délivré de tous ses automatismes et rendu à sa véritable liberté.

Alors vous lui réapprendrez à danser à l’envers
comme dans le délire des bals musette
et cet envers sera son véritable endroit.

———

To Have Done with the Judgement of God, a radio play by Antonin Artaud

kré puc te
kré Everything must puk te
pek be arranged li le
kre to a hair pek ti le
e in a fulminating kruk
pte order.

I learned yesterday
(I must be behind the times, or perhaps it’s only a false rumor,
one of those pieces of spiteful gossip that are circulated between
sink and latrine at the hour when meals that have been ingurgitated
one more time are thrown in the slop buckets),
I learned yesterday
one of the most sensational of those official practices of American
public schools
which no doubt account for the fact that this country believes itself
to be in the vanguard of progress,
It seems that, among the examinations or tests required of a child
entering public school for the first time, there is the so-called
seminal fluid or sperm test,
which consists of asking this newly entering child for a small
amount of his sperm so it can be placed in a jar
and kept ready for any attempts at artificial insemination that
might later take place.
For Americans are finding more and more that they lack muscle
and children,
that is, not workers
but soldiers,
and they want at all costs and by every possible means to make
and manufacture soldiers
with a view to all the planetary wars which might later take place,
and which would be intended to demonstrate by the overwhelming
virtues of force
the superiority of American products,
and the fruits of American sweat in all fields of activity and of the
superiority of the possible dynamism of force.
Because one must produce,
one must by all possible means of activity replace nature
wherever it can be replaced,
one must find a major field of action for human inertia,
the worker must have something to keep him busy,
new fields of activity must be created,
in which we shall see at last the reign of all the fake manufactured
products,
of all the vile synthetic substitutes
in which beatiful real nature has no part,
and must give way finally and shamefully before all the victorious
substitute products
in which the sperm of all artificial insemination factories
will make a miracle
in order to produce armies and battleships.
No more fruit, no more trees, no more vegetables, no more plants
pharmaceutical or otherwise and consequently no more food,
but synthetic products to satiety,
amid the fumes,
amid the special humors of the atmosphere, on the particular axes
of atmospheres wrenched violently and synthetically from the
resistances of a nature which has known nothing of war except
fear.
And war is wonderful, isn’t it?
For it’s war, isn’t it, that the Americans have been preparing for
and are preparing for this way step by step.
In order to defend this senseless manufacture from all competition
that could not fail to arise on all sides,
one must have soldiers, armies, airplanes, battleships,
hence this sperm
which it seems the governments of America have had the effrontery
to think of.
For we have more than one enemy
lying in wait for us, my son,
we, the born capitalists,
and among these enemies
Stalin’s Russia
which also doesn’t lack armed men.

All this is very well,
but I didn’t know the Americans were such a warlike people.
In order to fight one must get shot at
and although I have seen many Americans at war
they always had huge armies of tanks, airplanes, battleships
that served as their shield.
I have seen machines fighting a lot
but only infinitely far
behind
them have I seen the men who directed them.
Rather than people who feed their horses, cattle, and mules the
last tons of real morphine they have left and replace it with
substitutes made of smoke,
I prefer the people who eat off the bare earth the delirium from
which they were born
I mean the Tarahumara
eating Peyote off the ground
while they are born,
and who kill the sun to establish the kingdom of black night,
and who smash the cross so that the spaces of spaces can never
again meet and cross.

And so you are going to hear the dance of TUTUGURI.

TUTUGURI

The Rite of the Black Sun

And below, as if at the foot of the bitter slope,
cruelly despairing at the heart,
gapes the circle of the six crosses,
very low
as if embedded in the mother earth,
wrenched from the foul embrace of the mother
who drools.

The earth of black coal
is the only damp place
in this cleft rock.

The Rite is that the new sun passes through seven points before
blazing on the orifice of the earth.

And there are six men,
one for each sun,
and a seventh man
who is the sun
in the raw
dressed in black and in red flesh.

But, this seventh man
is a horse,
a horse with a man leading him.

But it is the horse
who is the sun
and not the man.

At the anguish of a drum and a long trumpet,
strange,
the six men
who were lying down,
rolling level with the ground,
leap up one by one like sunflowers,
not like suns
but turning earths,
water lilies,
and each leap
corresponds to the increasingly somber
and restrained
gong of the drum
until suddenly he comes galloping, at vertiginous speed,
the last sun,
the first man,
the black horse with a

    naked man,
    absolutely naked
    and virgin
    riding it.

After they leap up, they advance in winding circles
and the horse of bleeding meat rears
and prances without a stop
on the crest of his rock
until the six men
have surrounded
completely
the six crosses.

Now, the essence of the Rite is precisely

THE ABOLITION OF THE CROSS.

When they have stopped turning
they uproot
the crosses of earth
and the naked man
on the horse
holds up
an enormous horseshoe
which he has dipped in a gash of his blood.

The Pursuit of Fecality

There where it smells of shit
it smells of being.
Man could just as well not have shat,
not have opened the anal pouch,
but he chose to shit
as he would have chosen to live
instead of consenting to live dead.

Because in order not to make caca,
he would have had to consent
not to be,
but he could not make up his mind to lose
being,
that is, to die alive.

There is in being
something particularly tempting for man
and this something is none other than
CACA.
(Roaring here.)

To exist one need only let oneself be,
but to live,
one must be someone,
to be someone,
one must have a BONE,
not be afraid to show the bone,
and to lose the meat in the process.

Man has always preferred meat
to the earth of bones.
Because there was only earth and wood of bone,
and he had to earn his meat,
there was only iron and fire
and no shit,
and man was afraid of losing shit
or rather he desired shit
and, for this, sacrificed blood.

In order to have shit,
that is, meat,
where there was only blood
and a junkyard of bones
and where there was no being to win
but where there was only life to lose.

    o reche modo
    to edire
    di za
    tau dari
    do padera coco

At this point, man withdrew and fled.

Then the animals ate him.

It was not a rape,
he lent himself to the obscene meal.

He relished it,
he learned himself
to act like an animal
and to eat rat
daintily.

And where does this foul debasement come from?

The fact that the world is not yet formed,
or that man has only a small idea of the world
and wants to hold on to it forever?

This comes from the fact that man,
one fine day,
stopped
the idea of the world.

Two paths were open to him:
that of the infinite without,
that of the infinitesimal within.

And he chose the infinitesimal within.
Where one need only squeeze
the spleen,
the tongue,
the anus
or the glans.

And god, god himself squeezed the movement.

Is God a being?
If he is one, he is shit.
If he is not one
he does not exist.

But he does not exist,
except as the void that approaches with all its forms
whose most perfect image
is the advance of an incalculable group of crab lice.

“You are mad Mr. Artaud, what about the mass?”

I deny baptism and the mass.
There is no human act,
on the internal erotic level,
more pernicious than the descent
of the so-called jesus-christ
onto the altars.

No one will believe me
and I can see the public shrugging its shoulders
but the so-called christ is none other than he
who in the presence of the crab louse god
consented to live without a body,
while an army of men
descended from a cross,
to which god thought he had long since nailed them,
has revolted,
and, armed with steel,
with blood,
with fire, and with bones,
advances, reviling the Invisible
to have done with GOD’S JUDGMENT.

The Question Arises …

What makes it serious
is that we know
that after the order
of this world
there is another.

What is it like?

We do not know.

The number and order of possible suppositions in
this realm
is precisely
infinity!

And what is infinity?

That is precisely what we do not know!

It is a word
that we use
to indicate
the opening
of our consciousness
toward possibility
beyond measure,
tireless and beyond measure.

And precisely what is consciousness?

That is precisely what we do not know.

It is nothingness.

A nothingness
that we use
to indicate
when we do not know something
from what side
we do not know it
and so
we say
consciousness,
from the side of consciousness,
but there are a hundred thousand other sides.

Well?

It seems that consciousness
in us is
linked
to sexual desire
and to hunger;

but it could
just as well
not be linked
to them.

One says,
one can say,
there are those who say
that consciousness
is an appetite,
the appetite for living;

and immediately
alongside the appetite for living,
it is the appetite for food
that comes immediately to mind;

as if there were not people who eat
without any sort of appetite;
and who are hungry.

For this too
exists
to be hungry
without appetite;

well?

Well
the space of possibility
was given to me one day
like a loud fart
that I will make;
but neither of space,
nor possibility,
did I know precisely what it was,

and I did not feel the need to think about it,

they were words
invented to define things
that existed
or did not exist
in the face of
the pressing urgency
of a need:
the need to abolish the idea,
the idea and its myth,
and to enthrone in its place
the thundering manifestation
of this explosive necessity:
to dilate the body of my internal night,

the internal nothingness
of my self

which is night,
nothingness,
thoughtlessness,

but which is explosive affirmation
that there is
something
to make room for:

my body.

And truly
must it be reduced to this stinking gas,
my body?
To say that I have a body
because I have a stinking gas
that forms
inside me?

I do not know
but
I do know that

    • space,
      time,
      dimension,
      becoming,
      future,
      destiny,
      being,
      non-being,
      self,
      non-self,

are nothing to me;

but there is a thing
which is something,
only one thing
which is something,
and which I feel
because it wants
TO GET OUT:
the presence
of my bodily
suffering,

the menacing,
never tiring
presence
of my
body;

however hard people press me with questions
and however vigorously I deny all questions,
there is a point
at which I find myself compelled
to say no,

    • NO

then
to negation;

and this point
comes when they press me,

when they pressure me
and when they handle me
until the exit
from me
of nourishment,
of my nourishment
and its milk,

and what remains?

That I am suffocated;

and I do not know if it is an action
but in pressing me with questions this way
until the absence
and nothingness
of the question
they pressed me
until the idea of body
and the idea of being a body
was suffocated
in me,

and it was then that I felt the obscene

and that I farted
from folly
and from excess
and from revolt
at my suffocation.

Because they were pressing me
to my body
and to the very body

and it was then
that I exploded everything
because my body
can never be touched.

Conclusion

    – And what was the purpose of this broadcast, Mr. Artaud?
    – Primarily to denounce certain social obscenities officially sanctioned and acknowledged:
  1. this emission of infantile sperm donated by children for the artificial insemination of fetuses yet to be born and which will be born in a century or more.
  2. To denounce, in this same American people who occupy the whole surface of the former Indian continent, a rebirth of that warlike imperialism of early America that caused the pre-Columbian Indian tribes to be degraded by the aforesaid people.
  3. – You are saying some very bizarre things, Mr. Artaud.
  4. – Yes, I am saying something bizarre, that contrary to everything we have been led to believe, the pre-Columbian Indians were a strangely civilized people and that in fact they knew a form of civilization based exclusively on the principle of cruelty.
  5. – And do you know precisely what is meant by cruelty?
  6. – Offhand, no, I don’t.
  7. – Cruelty means eradicating by means of blood and until blood flows, god, the bestial accident of unconscious human animality, wherever one can find it.
  8. – Man, when he is not restrained, is an erotic animal,
    he has in him an inspired shudder,
    a kind of pulsation
    that produces animals without number which are the form that the ancient tribes of the earth universally attributed to god.
    This created what is called a spirit.
    Well, this spirit originating with the American Indians is reappearing all over the world today under scientific poses which merely accentuate its morbid infectuous power, the marked condition of vice, but a vice that pullulates with diseases,
    because, laugh if you like,
    what has been called microbes

      is god,

    and do you know what the Americans and the Russians use to make their atoms?
    They make them with the microbes of god.

    • How’s that?
      god,
      and with god
      his organs.
  • – You are raving, Mr. Artaud.
    You are mad.
    – I am not raving.
    I am not mad.
    I tell you that they have reinvented microbes in order to impose a new idea of god.

    They have found a new way to bring out god and to capture him in his microbic noxiousness.

    This is to nail him though the heart,
    in the place where men love him best,
    under the guise of unhealthy sexuality,
    in that sinister appearance of morbid cruelty that he adopts
    whenever he is pleased to tetanize and madden humanity as he
    is doing now.

    He utilizes the spirit of purity and of a consciousness that has
    remained candid like mine to asphyxiate it with all the false
    appearances that he spreads universally through space and this
    is why Artaud le Mômo can be taken for a person suffering
    from hallucinations.

    – What do you mean, Mr. Artaud?

    – I mean that I have found the way to put an end to this ape once and for all
    and that although nobody believes in god any more everybody believes more and more in man.

    So it is man whom we must now make up our minds to emasculate.

    – How’s that?
    No matter how one takes you you are mad, ready for the straitjacket.- By placing him again, for the last time, on the autopsy table to remake his anatomy.
    I say, to remake his anatomy.
    Man is sick because he is badly constructed.
    We must make up our minds to strip him bare in order to scrape off that animalcule that itches him mortally,

    For you can tie me up if you wish,
    but there is nothing more useless than an organ.

    When you will have made him a body without organs,
    then you will have delivered him from all his automatic reactions
    and restored him to his true freedom.

    They you will teach him again to dance wrong side out
    as in the frenzy of dance halls
    and this wrong side out will be his real place.

    To Have Done with the Judgement of God
    (Pour en finir avec le jugement de dieu),
    a radio play by Antonin Artaud (1947).
    Excerpted from the collection:
    Antonin Artaud
    Selected Writings
    Edited, and with an Introduction by
    Susan Sontag
    Translated from the French, Oeuvres complètes, by
    Helen Weaver
    Published by
    University of California Press
    Berkeley Los Angeles
    ISBN 0-520-06443-7 (paperback)


Para Acabar com o Julgamento de Deus

kré                    tudo isso deverá                   puc te
kré                    ser arranjado                        puk te
pek                   muito precisamente               li le
kre                    numa sucessão                     pec ti le
e                       fulminante                             kruk
pte

Fiquei sabendo ontem
(devo estar desatualizado ou então é apenas um boato, uma dessas intrigas divulgadas entre a pia e a privada, quando as refeições ingurgitadas são mais uma vez devidamente expulsas para a latrina)
fiquei sabendo ontem
de uma das mais sensacionais dentre essas práticas das escolas públicas americanas
sem dúvida daquelas responsáveis por esse país considerar-se na vanguarda do progresso.
Parece que, entre os exames e testes requeridos a uma criaança que ingressa na escola pública, há o assim o assim chamado teste do líquido seminal ou do esperma,
que consiste em recolher um pouco do esperma da criança recém-chegada para ser colocado numa proveta
e ficar à disposição para experimentos de inseminação artificial que posteriormente venha a ser feitos.
Pois cada vez mais os americanos sentem falta de braços e crianças ou seja, não de operários
mas de soldados
e eles querem a todo custo e por todos os meios possíveis fazer e produzir soldados
com vistas a todas as guerras planetárias que poderão travar-se a seguir e que pretendem demonstrar pela esmagadora virtude da força a superioridade dos produtos americanos
e dos frutos do suor americano em todos os campos de atividade e da superioridade do possível dinamismo da força.
Pois é necessário produzir,
é necessário, por todos os meios de atividade humana, substituir a natureza onde esta possa ser substituída,
é necessário abrir mais espaço para a inércia humana,
é necessário ocupar os operários
é necessário criar novos campos de atividade
onde finalmente será instaurado o reino de todos os falsos produtos manufaturados
todos os ignóbeis sucedâneos sintéticos
onde a maravilhosa natureza real não tem mais lugar
cedendo finalmente e vergonhosamente diante dos triunfantes produtos artificiais
onde o esperma de todas as usinas de fecundação artificial operará milagres na produção de exércitos e navios de guerra.
Não haverá mais frutos, não haverá mais árvores, não haverá mais plantas, farmacológicas ou não, e consequentemente não haverá mais alimentos,
só produtos sintéticos até dizer chega,
entre os vapores,
entre os humores especiais da atmosfera, em eixos especiais de atmosferas extraídas violentamente e sinteticamente da resistência de uma natureza que da guerra só conheceu o medo.
E viva a guerra, não é assim?
Pois é assim – não é? – que os americanos vão se preparando passo a passo para a guerra.
Para defender essa insensata manufatura da concorrência que não pode deixar de aparecer por todos os lados,
é preciso ter soldados, exércitos, aviões, incouraçados,
daí o esperma
no qual os governos americanos tiveram o descaramento de pensar.
Pois temos mais de um inimigo
que nos espreita, meu filho,
a nós, os capitalistas natos
e entre esses inimigos
a Rússia de Stalin
à qual também não faltam homens em armas.
Tudo isso está muito bem
mas eu não sabia que os americanos eram um povo tão belicoso.
Para guerrear é preciso levar tiros
e embora tenha visto muitos americanos na guerra
eles sempre tiveram enormes exércitos de tanques, aviões, encouraçados, que lhes serviam de escudo.
Vi as máquinas combatendo muito
mas só infinitamente longe
lá atrás
vi os homens que as conduziam.
Diante desse povo que dá de comer aos seus cavalos, gado e burros
as últimas toneladas de morfina autêntica que ainda restam, substituindo-a por produtos sintéticos feitos de fumaça,
prefiro o povo que come da própria terra o delírio dso qual nasceram, refiro-me aos Taraumaras
comendo o Peiote rente ao chão
à medida que nasce,
que matam o sol para instaurar o reino da noite negra
e que esmagam a cruz pra que os espaços do espaço nunca mais possam encontrar-se e cruzar-se.

E assim vocês irão ouvir a dança de TUTUGURI.

TUTUGURI
O Rito do Sol Negro

E lá embaixo, no pé da encosta amarga,
cruelmente desesperada do coração,
abre-se o círculo das seis cruzes
bem lá embaixo
como se incrustada na terra marga,
desincrustrada do imundo abraço da mãe
que baba.

A terra do carvão negro
é o único lugar úmido
nessa fenda de rocha.

O Rito é o novo sol passar através de sete pontos antes de explodir no orifício da terra.

Há seis homens,
um para cada sol
e um sétimo homem
que é o sol
cru
vestido de negro e carne viva.

mas este sétimo homem
é um cavalo,
um cavalo com um homem conduzindo-o.

Mas é o cavalo
que é o sol
e não o homem.

No dilaceramento de um tambor e de uma trombeta longa,
estranha,
os seis homens
que estavam deitados
tombados no rés-do-chão,
brotaram um a um como girasóis,
não sósi
porém solo que giram,
lótus d’água,
e a cada um que brota
corresponde, cada vez mais sombria
e refreada
a batida do tambor
até que de repente chega a galope, a toda velocidade
o último sol,
o primeiro homem,
o cavalo negro com um
homem nu,
absolutamente nu
e virgem
em cima.

Depois de saltar, eles avançam em círculos crescentes
e o cavalo em carne viva empina-se
e corcoveia sem parar
na crista da rocha
até os seis homens
terem cercado
completamente
as seis cruzes.

Ora, o tom maior do Rito é precisamente
A ABOLIÇÃO DA CRUZ

Quando terminam de girar
arrancam
as cruzes do chão
e o homem nu
a cavalo
ergue
uma enorme ferradura
banhada no sangue de uma punhalada.

A BUSCA DA FELICIDADE

Onde cheira a merda
cheira a ser.
O homem podia muito bem não cagar,
não abrir a bolsa anal
mas preferiu cagar
assim como preferiu viver
em vez de aceitar viver morto.

Pois para não fazer cocô
teria que consentir em
não ser,
mas ele não foi capaz de se decidir a perder o ser,
ou seja, a morrer vivo.

Existe no ser
algo particularmente tentador para o homem
algo quem vem a ser justamente

O COCÔ
(aqui rugido)

Para existir basta abandonar-se ao ser
mas para viver
é preciso ser alguém
e para ser alguém
é preciso ter um OSSO,
é preciso não ter medo de mostrar o osso
e arriscar-se a perder a carne.

O homem sempre preferir a carne
à terra dos ossos.
Como só havia terra e madeira de ossos
ele viu-se obrigado a ganhar sua carne,
só havia ferro e fogo
e nenhuma merda
e o homem teve medo de perder a merda
ou antes desejou a merda
e para ela sacrificou o sangue.

Para ter merda,
ou seja, carne
onde só havia sangue
e um terreno baldio de ossos
onde não havia mais nada para ganhar
mas apenas algo para perder, a vida.

o reche modo
to edire
de za
tau dari
do padera coco

Então o homem recuou e fugiu.

E então os animais o devoraram.

Não foi uma violação,
ele prestou-se ao obsceno repasto.

Ele gostou disso
e também aprendeu
a agir como animal
e a comer seu rato
delicadamente.

E de onde vem essa sórdida abjeção?

Do fato de o mundo ainda não estar formado
ou de o homem ter apenas uma vaga idéia do que seja o mundo
querendo conservá-la eternamente?

Deve-se ao fato de o homem
ter um belo dia
detido
a idéia do mundo.

Dois caminhos estavam diante dele:
o do infinito de fora,
o do ínfimo de dentro.

E ele escolheu o ínfimo de dentro
onde basta espremer
o pâncreas,
a língua,
o ânus
ou a glande.

E deus, o próprio deus espremeu o movimento.

É deus um ser?
Se o for, é merda.
Se não o for,
não é.
Ora, ele não existe
a não ser como vazio que avança com todas as suas formas
cuja mais perfeita imagem
é o avanço de um incalculável número de piolhos.

“O Sr. está louco, Sr. Artaud? E então a missa?”

Eu renego o batismo e a missa.
Não existe ato humano
no plano erótico interno
que seja mais pernicioso que a descida
do pretenso jesus-cristo
nos altares.

Ninguém me acredita
e posso ver o público dando de ombros
mas esse tal cristo é aquele que
diante do percevejo deus
aceitou viver sem corpo
quando uma multidão
descendo da cruz
à qual deus pensou tê-los pregado há muito tempo,
se rebelava
e armada com ferros,
sangue,
fogo e ossos
avançava desafiando o Invisível
para acabar com o JULGAMENTO DE DEUS.

A QUESTÃO QUE SE COLOCA…

O que é grave
é sabermos
que atrás da ordem deste mundo
existe uma outra.

Que outra?

Não o sabemos.

O número e a ordem de suposições possíveis
neste campo
é precisamente
o infinito!

E que é o infinito?

Não o sabemos com certeza.

É uma palavra que usamos
para designar
a abertura
da nossa consciência
diante da possibilidade
desmedida,
inesgotável e desmedida.

E o que é a ciência?

Não o sabemos com certeza.

É o nada.

Um nada
que usamos
para designar
quando não sabermos alguma coisa
e de que forma
não o sabemos
e então
dizemos
consciência,
do lado da consciência
quando há cem mil outros lados.

E então?

Parece que a consciência
está ligada
em nós
ao desejo sexual
e à fome.

mas poderia
igualmente
não estar ligada
a eles.

Dizem,
é possível dizer,
há quem diga
que a consciência
é um apetite,
o apetite de viver:

e imediatamente
junto com o apetite de viver
o apetite da comida
imediatamente nos vem à mente;

como se não houvesse gente que come
sem o mínimo apetite;
e que tem fome.

Pois isso também
existe:
os que tem fome
sem apetite;

e então?

Então
o espaço do possível
foi-me apresentado
um dia
como um grande peido
que eu tivesse soltado;
mas nem o espaço
nem a possibilidade
eu sabia exatamente o que fossem,

nem sentia necessidade de pensar nisso,

eram palavras
inventadas para definir coisas
que existiam
diante da premente urgência
de uma necessidade:
suprimir a idéia,
a idéia e seu mito
e no lugar instaurar
a manifestação tonante
dessa necessidade explosiva:
dilatar o corpo da minha noite interior,
do nada interior
do meu eu

que é noite,
nada,
irreflexão,

mas que é explosiva afirmação
de que há
alguma coisa
para dar lugar:

meu corpo.

Mas como,
reduzir meu corpo
a um gás fétido?
Dizer que tenho um corpo
porque tenho um gás fétido
que se forma em mim?

Não sei
mas
sei que
o espaço,
o tempo,
a dimensão
o devir,
o futuro
o destino,
o ser,
o não-ser,
o eu,
o não-eu
nada são para mim;

mas há uma coisa
que é algo,
uma coisa
que é algo
e que sinto
por ela querer
SAIR:
a presença
da minha dor
do corpo,

a presença
ameaçadora
infatigável
do meu corpo;

e ainda que me pressionem com perguntas
e por mais que eu me esquive a elas
há um ponto
em que me vejo forçado
a dizer não,
NÃO

à negação;

e chego a esse ponto
quando me pressionam,
e me apertam
e me manipulam
até sair de mim
o alimento
e seu leite,

e então o que fica?

Fico eu sufocado;

e não sei que ação é essa
mas ao me pressionarem com perguntas
até a ausência
e a anulação
da pergunta
eles me pressionam
até sufocarem em mim
a idéia de um corpo
e de ser um corpo,

e foi então que senti o obsceno

e que
soltei um peido
de saturação
e de excesso
e de revolta
pela minha sufocação.

É que me pressionavam
ao meu corpo
e contra meu corpo

e foi então
que eu fiz tudo explodir
porque no meu corpo
não se toca nunca

CONCLUSÃO

– E para que serviu essa emissão radiofônica, Sr. Artaud?
– Em primeiro lugar para denunciar um certo número de sujeiras
sociais oficialmente sacramentadas e aceitas:
1o essa emissão do esperma infantil doado por crianças par a fecundação artificial de fetos ainda por nascer e que virão ao mundo dentro de um ou mais séculos.
2o para denunciar este mesmo povo americano que ocupou completamente todo o continente dos Índios e que fez renascer o imperialismo guerreiro da antiga América, o qual fez com que o povo indígena anterior a Colombo fosse por toda a humanidade precedente.
3o Sr. Artaud, que coisas estranhas o Sr. está dizendo!
4o Sim, estou dizendo coisas estranhas,
pois contrariamente ao que todos foram levados a crer, os povos anteriores a Colombo eram estranhamente civilizados
e isso pelo fato de conhecerem uma forma de civilização baseada exclusivamente no princípio da crueldade.
5o E o que, exatamente,
vem a ser isso de crueldade?
6o Isso eu não sei responder.
7o Crueldade significa extirpar pelo sangue e através do sangue a deus,
o acidente bestial da animalidade humana inconsciente, onde quer que se encontre.
8o O homem, quando não é reprimido, é um animal erótico, há nele um frêmito inspirado,
uma espécie de pulsação
que produz numeráveis animais os quais são formas que os antigos povos terrestres universalmente atribuíam a deus.
Daí surgiu o que chamaram de espírito.
Ora, esse espírito originários dos Índios americanos reaparece hoje em dia sob aspectos científicos que meramente acentuam seu mórbido poder infeccioso, seu grave esta de vício, um vício no qual pululam doenças
pois, riam-se à vontade,
isso que chamam de micróbios
é deus.
e sabe o que os americanos e os russos usam para fazer seus átomos?
Usam os micróbios de deus.

– O Sr. está louco, Sr. Artaud.
Está delirando.

– Não estou delirando.
Não estou louco.
Afirmo que reinventaram os micróbio para impor uma nova idéia de deus.
Descobriram um novo meio de fazer deus aparecer em toda sua nocividade microbiana:
Inoculando-o no coração
onde é mais querido pelos homens
sob a forma de uma sexualidade doentia
nessa aparência sinistra de crueldade mórbida que ostenta sempre que se compraz em tetanizar e enlouquecer a humanidade como agora.

Ele usa o espírito de pureza de uma consciência que continuou cândida como a minha para asfixiá-la com todas as falsas aparências que espalha universalmente pelos espaços e é por isso que Artaud, o Momo, pode ser confundido com alguém que sofre de alucinações.

– O que o Sr. Artaud que dizer com isso?

– Quero dizer que descobri a maneira de acabar com esse macaco de uma vez por todas
e já que ninguém acredita mais em deus, todos acreditam cada vez mais no homem.

Assim, agora é preciso emascular o homem.

– Como?

Como assim? sob qualquer ângulo o Sr. não passa de um maluco, um doido varrido.

– Colocando-o de novo, pela última vez, na mesa de autópsia para refazer sua anatomia.
O homem é enfermo porque é mal construído.
Temos que nos decidir a desnudá-lo para raspar esse animalúculo que o corrói mortalmente,
deus
e juntamente com deus
os seus órgãos

Se quiserem, podem meter-me numa camisa de força
mas não existe coisa mais inútil que um órgão.

Quando tiverem conseguido um corpo sem órgãos,
então o terão libertado dos seus automatismos
e devolvido sua verdadeira liberdade.
Então poderão ensiná-lo a dançar às avessas
como no delírio dos bailes populares
e esse avesso será
seu verdadeiro lugar.

(Escritos de Antonin Artaud, L&PM, 1983, trad. Cláudio Willer).
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